Interview | Arnaud Dely | Alpha Minds

Cette semaine nous avons l’honneur de vous présenter un athlète belge hors pair. Il a toujours le sourire et l’envie de devenir une meilleure version de lui-même. Nous avons eu la chance d’interviewer Arnaud Dely avant la période de confinement. Voici son interview :

L’entraide est primordiale dans le sport. Je l’ai d’abord appris au basket mais je remarque que c’est aussi présent dans les autres disciplines. Comme l’on dit souvent, « Shared pain is half the pain ».

Bonjour Arnaud. Peux-tu te présenter?

Bonjour bonjour ! Je m’appelle Arnaud Dely, j’ai 22 ans et je suis étudiant en biologie médicale à l’Helmo. Je suis actuellement entre la deuxième et la troisième année.

Je fais également du triathlon et du duathlon, disciplines dans lesquelles j’ai été champion du monde et champion d’Europe U23 il y a deux ans, ainsi que vice- champion du monde et vice-champion d’Europe l’année passée, en U23 également.

Peux-tu nous raconter ton parcours académique et sportif?

Au niveau scolaire, j’ai effectué mes années de primaire à Awans car j’habite à Hognoul. J’ai fait mes secondaires à Saint-Servais à Liège. Tout s’est très bien passé, je n’ai jamais dû beaucoup étudier. J’ai ensuite commencé la biologie médicale à l’Université de Liège et le fait de ne pas avoir dû beaucoup étudier en secondaires m’a un peu handicapé. J’ai fait deux ans d’unif et je suis ensuite passé en haute école, toujours dans la même option. J’ai la chance de bénéficier du statut d’étudiant sportif, je peux donc alléger mon horaire et cela m’aide. Mais il faut tout de même réussir tous ses crédits et cela demande du temps. J’adore ce que j’étudie et c’est le principal !

Au niveau sportif, j’ai commencé très jeune le basket, vers l’âge de deux ans et demi ou trois ans, car ma mère voulait que je me dépense ; je ne tenais pas en place. J’ai joué cinq ou six ans à Awans avant de partir au RBC Haneffe pendant huit ou neuf ans. Je suis ensuite entré dans une période lors de laquelle je me cherchais un peu. Je ne m’épanouissais plus autant au basket, je sentais que je n’allais plus grandir, mon temps de jeu diminuait,… j’ai donc cru que je devais changer de club. J’ai passé un an au BC Alleur mais le problème n’était pas là. Je pense que ma passion pour ce sport n’était plus aussi grande qu’avant. Mais j’en garde d’excellents souvenirs. Ce sport d’équipe m’a inculqué beaucoup de valeurs, et c’est important même lorsque l’on pratique un sport individuel comme maintenant.

Je courrais déjà régulièrement pour garder la forme, mais un jour je suis allé en vacances avec mes parents et j’ai pu assister à l’Iron Man de Nice. Ca m’a beaucoup impressionné et j’ai eu l’envie d’essayer ce sport, même sur de plus courtes distances.

J’ai commencé à courir, rouler, nager progressivement et de fil en aiguille, j’ai rencontré Gilles De Cocq qui a été mon coach au début. Il m’a énormément changé et je suis devenu très optimiste, très positif. J’ai rencontré beaucoup de monde au triathlon et cela m’a permis de mieux me sentir dans ma peau. Je dois beaucoup à Gilles. Il trouvait que j’avais des aptitudes pour la course à pieds et j’ai directement accroché au vélo. Cela fait maintenant six ans que je pratique ces disciplines, j’adore ça et j’essaie de progresser jour après jour.

As-tu des projets, des envies?

Au niveau scolaire, je suis encore un peu incertain mais j’aimerais travailler dans la recherche et plus encore dans la physiologie du sport, dans le dopage, etc… C’est encore un peu flou mais cela devrait se préciser avec mes stages. Combiner le travail et le sport serait évidemment le top ! Même s’il faut savoir se déconnecter de son sport aussi de temps en temps.

Sportivement, dans un futur proche j’espère rééditer mes titres de champion du monde et d’Europe. Et sur le long terme, j’aimerais faire des triathlons de plus longues distances, car la nage prend une part moins importante dans le ratio. On peut plus facilement compenser une déficience en natation par la course et le vélo. Et si j’en ai les capacités, devenir triathlète professionnel serait évidemment génial !

Est-ce que tu as d’autres hobbys, d’autres passions?

J’aime beaucoup regarder le sport. Je suis toujours le basket, j’aime regarder le tour de France, j’aime aussi les paris sportifs (rires).

J’aime beaucoup la musique également. Je joue un peu de guitare et avant j’aimais aller voir un concert de temps en temps. Maintenant, j’ai un peu moins le temps.

J’ai également une copine avec qui je suis depuis un an et demi. Nous adorons sortir, aller manger,…

Peux-tu nous décrire une journée type dans la peau d’Arnaud Dely?

Cela dépend un peu de mon horaire de cours. Avec mon horaire allégé, j’ai en moyenne trois à quatre heures de cours par jour. Je m’entraine la plupart du temps deux fois par jour. Mon coach m’envoie un plan d’entrainement quotidien, que j’essaie de respecter au maximum. Généralement je vais courir avant les cours du matin, et j’ai encore un entrainement dans l’après-midi. Il y a parfois des exceptions à cause des cours ou des stages mais j’essaie de m’y tenir. Le tout c’est de savoir s’organiser et de ne pas négliger sa récupération. Ce sont ces petits détails (la récupération, l’alimentation, les massages,etc…) qui font la différence entre un podium et une première place. Je m’en rends de plus en plus compte.

Ensuite, je dirais addict. Je suis vraiment accro au sport, à l’adrénaline que cela  me procure. Actuellement, je n’imagine vraiment pas une journée sans sport. Et je me vois bien, plus tard, à 60 ans, sortir tous les jours pour rouler à vélo. Quand j’en vois, cela m’impressionne et j’aimerais garder cette mentalité.

Est-ce qu’il y a une citation que tu aimes, une phrases que tu répètes souvent?

J’adorais la phrase « no pain, no gain ». Mais je change petit à petit et je me rapproche du « Qui veut aller loin ménage sa monture ». Je pense qu’il faut s’entrainer intelligemment, savoir où cela va nous mener. Il faut se connaitre, connaitre son corps et ne pas tout le temps lui rentrer dedans. Ce qui est aussi important lorsqu’on s’entraine beaucoup comme cela, c’est de pouvoir prendre du recul sur ce que l’on fait et se remettre en question.

On sent l’expérience qui parle !

Oui peut-être, c’est possible ! Je ne pratique ce sport que depuis 6 ans mais lorsqu’on s’entraine autant, on apprend vite sur soi et sur son corps. Lorsqu’on rate un entrainement ce n’est pas grave, il faut pouvoir relativiser.

Quels seraient les 3 mots que tu emploierais pour te décrire?

Je dirais perfectionniste (bien que très bordélique). Quand je me lance dans quelque chose, c’est pour le faire bien, et à fond. Si je ne suis pas à 100%, j’aurai cette impression de trop peu.

Je suis également très gourmand et je dois vraiment faire attention à cela. C’est la partie la plus compliquée pour moi. Cela fait partie des petits détails aussi. C’est vrai qu’en s’entrainant beaucoup, on élimine beaucoup, mais il faut apprendre à bien nourrir son corps pour qu’il aille plus vite, plus loin. J’ai la chance que ma copine étudie la diététique et on essaie de cuisiner plus sainement.

Ensuite, je dirais addict. Je suis vraiment accro au sport, à l’adrénaline que cela  me procure. Actuellement, je n’imagine vraiment pas une journée sans sport. Et je me vois bien, plus tard, à 60 ans, sortir tous les jours pour rouler à vélo. Quand j’en vois, cela m’impressionne et j’aimerais garder cette mentalité. Je suis admiratif devant Robert Marchand (NDLR: Cycliste de 107 ans qui a obtenu divers records après l’âge de 100 ans). On sent qu’il est passionné par ce qu’il fait et que c’est une routine pour lui.

Tu fais désormais partie de notre communauté, la Meute. Quelles sont les valeurs que tu apprécies parmi celles que partagent tous nos membres?

Beaucoup d’entre elles, si ce n’est toutes ! L’entraide est évidemment primordiale dans le sport, même dans le sport individuel. Je me souviendrai toujours qu’après un an de triathlon, une nouvelle athlète venait d’arriver et mon coach m’avait demandé de l’encadrer. Il s’agissait d’Elise Tahay, qui fait également des courses à l’internationale aujourd’hui. Je me souviens l’avoir aidée à s’intégrer au groupe. L’entraide est primordiale dans le sport. Je l’ai d’abord appris au basket mais je remarque que c’est aussi présent dans les autres disciplines. Comme l’on dit souvent, « Shared pain is half the pain ».

L’écologie également, je suis de plus en plus concerné par le sujet. J’essaie de changer certaines petites habitudes. Je pense qu’on se rend de plus en plus compte de l’urgence de la situation, que l’on fonce droit dans le mur.

Quelle serait ta définition personnelle du mot « meute »?

Il s’agit d’un groupe au sein duquel tout le monde s’entraide et tout le monde est la meilleure version de soi-même. Je déteste les personnes qui se mettent en avant en dégradant les autres. Je trouve ça tellement plus beau de mettre tout le monde en avant. Je pense par exemple à Eliud Kipchoge (NDLR: athlète qui a récemment accompli l’exploit de courir un marathon en moins de deux heures). Il disait justement que 100% de lui-même ne valent pas 1% du travail accompli en équipe. Là-bas, au Kenya, ils vont réellement courir en meutes de parfois 40-50 personnes, tous à 22km/h. On sent réellement l’émulation et l’importance de la force du groupe pour atteindre un objectif ou une performance.

Merci Arnaud pour cette interview!

Découvrez-en plus sur Arnaud Dely dans cette interview, d’autant plus qu’il porte avec fierté un sweat-shirt de notre marque!

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